Comme le disait Napaléon, ca se corse ! La formation entre dans le vif du sujet, finie la branlette !
Le soir je rejoins encore et toujours de parfaits inconnus pour profiter de l'happy hour dans un bar jouxtant les Champs. L'endroit se veut certes sympa mais le passage incessant des voitures
dénature le cadre. C'est donc ça la grande classe parisienne ? Un truc doit m'échapper, moi petit provincial à entendre les autres je passe mon temps en Allemagne à faire des soirées choucroute
et manger des bretzels. Y'a des claques qui se perdent. Est-ce que je demande aux parisiens s'ils se réunissent pour bouffer des champignons ?
Au bout d'une heure tout le monde lève le camp et regagne sa banlieue merdique. Tous ? Tous sauf un qui se rend à une soirée after work à deux pas d'ici. Je le suis. Je ne saisi pas toutes
les subtilités de l'afer work mais cela ne me semble en rien insurmontable. Je fais semblant de maitriser, de n'etre surpris de rien. Je me lance, Didier (Didier des Champs !) sera
mon guide, mon mentor le temps d'une soirée. On arrive devant la boite. On fait la queue dans la rue, le suprême du raffinement, montrer qu'on a une vie, montrer qu'on sort, qu'on dépense son
fric. Le dress code en rigueur est plutôt chemise et veste de costume. Je suis un tantinet inquiet avec mon jean et ma certes jolie chemisette. Je ne ressemble pas à l'as de pique mais je
ne peux pas pour autant prétendre etre sapé comme un milord. Au pire si je me fait refouler j'en profiterais pour faire des emplettes parmi les innombrables boutiques de l'avenue.
Le videur nous fait signe d'entrer. Ah il fallait imprimer le carton d'invitation ? Bah mince ! Au final le résultat sera le même, je paierai mon entrée au même prix que le péquin
moyen.
Mon führer, pensant que je débarque de Mars, m'explique en deux mots le principe de la soirée : y'a un buffet et un open bar champagne. Je picore un peu de salade de pâtes, mange de
la pastèque et m'envoie des coupes de mauvais champagne en un temps record.
Ma besace de facteur pas hype pour un sous m'encombre. De plus je suis obligé d'avoir un œil constant sur elle. Bah ouais y'a toute ma vie là dedans (papiers, appareil photo, billet de train …)
Du coup je ne m'aventure pas sur le dance floor, de corvée de surveillage de sac !
Arg ! L'open bar est closed ! C'est pas grave j'ai ma dose. L'alcool commence d'ailleurs à faire effet. Je m'en vais comme un prince.
Par la puissance du crane ancestrale, je reclame la force toute puissante. Je me refugie dans une rue plus calme et j'appele S. , mon texte à la main. Je prie pour tomber sur son répondeur
afin de lui lire le mini roman que j'ai pondu lors d'un flash durant la journée. Bordel elle décroche ! Je suis à la masse, je parle comme un débile. Je commence à lire mot pour mot pour mot, lui
expliquant que je suis formidable (rien que ca !), que je suis accessoirement l'ex à D. et que j'aimerai bien qu'on prenne un verre ensemble. Effet de surprise oblige, elle mouline pour me
re situer mais ne dit pas non pour autant à ma proposition venue du cosmos. Oh oh ! Elle me rappelle la semaine prochaine.
Yes je l'ai fait ! Merci les bulles ! Par contre je n'insisterai en rien si elle ne daigne pas me contacter. Ce qui est d'ailleurs fort probable. Prémonition, j'ai mémorisé son numéro sous
« S. râteau ».
Dans le métro je suis sur mon nuage , je suis prêt à accoster la rame entière ! Je lance une boutade à ma voisine. Consciente de mon génie elle me propose … du rab de baguette ! Je refuse car à
présent je ne mange plus que des canapés au saumon et des petits fours.
De retour dans mon palace, mon cours de LV4 malgache débute. Courage ! Demain j'me barre et je ne reviens plus jamais.