Dimanche 17 octobre 2010
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Après moult hésitations, maintes tergiversations et plusieurs revirements de situation, j'ai finalement décidé d'accompagner S. au
salon de l'érotisme à Metz. (Oui S. la libertine du post d'en dessous). Sur un malentendu, le lieu aidant et l'éloignement géographique tout pourrait être possible. J'y crois, tout est
possible, tout est réalisable c'est le jeu de la vie !
J'ai surtout raisonné en mec calculateur, en misant sur l'avenir. Si j'arrive à faire bonne figure elle me présentera peut-être ses
copines ou m'invitera à l'une de ses soirées.
C'est elle qui roule, au moins de la sorte je pourrais je me jeter quelques bières sans risquer le retrait de permis. La contrepartie
c'est qu'il va falloir que je me tienne à carreau si je ne veux pas rentrer en train, en taxi, ou finir abandonné sur la bande d'arrêt d'urgence.
C'est parti mon kiki ! On se rejoint sur un parking, je laisse ma caisse et j'embarque dans la sienne. Wow ! Première prise de
contact en « vrai », premier reluquage respectif de la marchandise . Hum elle est comment dire, sapée comme une pute. Et encore là j'suis pas sympa pour les putes car certaines
ont des tenues qui attire l'œil de façon positive. Là par contre c'est comment dire une sorte d'OVNI qui se présente à moi : jupe trop courte, collant qui ne tiennent pas, bottes en (faux ?) cuir
comme pour aller aux escargots, perruque (le seul truc positif) et des kilos en trop à revendre. Ça je le savais à l'avance. Certes on va au salon de l'érotisme, on va pas au salon de la
prostituée albanaise low-cost ni à la foire au jambon. Amis de la vulgarité bonsoir. Le ton est donné.
Je ne développerais pas plus les faits suivants :
- qu'elle ai retiré son body qui la gênait à la première aire d'autoroute
- qu'elle n'avait pas de culotte
- que j'avais vraiment un peu la honte de me trimbaler un nana sapée comme une trainée.
- qu'elle ne sache même pas à quel endroit précis se trouve le salon. Avec du bol et un peu de jugeote on a trouvé du premier
coup.
On arrive ! Ouf ! J'suis désolé mais ta tenue ne me reviens vraiment pas. Y'a d'autres nanas qui portent des tenues un brin
provoc' mais qui elles ont la classe.
Le salon ressemble plus à une grande kermesse pour adultes qu'à un lieu cosy, glamour et sensuel tel que je me l'imaginais. Metz : son
salon, ses stands, ses exposants, ses show soft et hard, sa buvette, son kebab (véridique).
Mon dieu mais que suis-je venu faire dans cette galère. Zen zen ! Rester zen. Le premier stand propose des hauts et autres tenues sexy.
S. se sent obligée d'en essayer. Si tu n'as pas une pseudo taille mannequin le sex apeal est moins flagrant. Pourtant le vendeur lui n'est démord pas, selon lui ca lui va presque comme un
gant. Un gant de vaisselle peut-être car là en l'occurrence c'est la cata.
Pour patienter je jette un oeil au stand d'à coté, des articles en cuir. A première vue les manteaux à la Matrix et autres vestes à la
coupe plutôt branchée semblent sympa. Je craquerai bien. Je regarde l'étiquette et je pleure … 3000 € un manteau ! Qui à Plouc-city est susceptible de dépenser pareille somme ? Pas moi du moins.
Attentionwhore me rejoint, essaie à son tour un manteau. Le show du gérant du stand commence dès qu'on lui explique que ses fringues sont bien trop chères. Par la voix du Saint Esprit, le prix se
trouve divisé par 3, avec un manteau en cadeau. Possibilité de payer en dix fois sans frais. Yes ! Trop bon, la bonne vieille arnaque du vendeur de manteaux en cuir (merci HFR). Par contre S.
elle ne percute pas une seconde, limite persuadée que l'affaire est intéressante et qu'elle ne se reproduira pas de si tot. Sur mes conseils on fuit. Ca me saoule deja. On arrive devant un stand
de tatouages non persistants effectués à l'aide de tampons encreurs (oui oui comme ceux dans les boites Ravensburger, ou les têtes de panda au bout des crayons). Là encore le show est bien rodé.
Le couple de vendeurs camelots débite son texte. S. semble conquise par le discours. Hé hop ! Un pigeon tout cuit qui se jette sur la glue. Pour la vendeuse c'est du velours. Ah si tous ses clients étaient aussi crédules et
malléables. Je fais mine d'approuver les choix de mon chauffeur. C'est ton pognon, c'est ta vie. L'essentiel c'est qu'on ne passe pas la nuit devant des tampons encreur à l'effigie du
Che.
Je m’imaginais un salon glamour, grandiose, tout en couleurs. Fort de constater que les stands sont d'un classicisme affligeant
et que cela ne transpire pas l’érotisme à grosses gouttes. J’ai l’impression d’assister à une braderie où se côtoient gadgets, lingerie, tenues sexy, accessoires, cosmétiques
posés sur des tréteaux. Je passe sur les arguments choc des camelots prêts à vendre leur mère pour te refourguer coûte que coûte l'un de leurs produits soit disant révolutionnaires.
Le coup des vibro high-tech tout en silicone, la rolls du gode (son prix aussi). C'est tout juste si le mec n'a pas essayé de nous faire croire qu'après moult brevets déposés le produit sortait
tout droit des bureaux d'études de la NASA. L'astronaute Cathy Penflam, effigie de charme de la marque, a pour habitude de se stimuler l'entre jambe cachée dans la soute de la
navette.
En cas de désaccord avec le volubile baragouineur, une moue réprobatrice suffit pour voir un providentiel rabais pointer son nez.
En clair acheter sans rechigner un article à son prix d'origine est synonyme de sodomie à l'aide d'un cactus. La propension à
prendre le chaland pour un pigeon potentiel me sidère. Je passe sur les huiles de massage comestibles aux goûts improbables (mojito, vin pétillant...) Si si ils ont osés ! Formidable
n’est-ce pas ? Encore eut-il fallu que l’huile ne provoque pas un sentiment de répulsion à peine en contact avec la langue. Tu risques davantage de vomir sur ton/ta partenaire plutôt que d'avoir
une irréfrénable envie de laper son corps. Le vendeur lui même était sur le point d'avouer à demi mot que son huile sent le poney.
De bien grands moments que les show de certaines streap-teaseuse vêtues d'accoutrements parfois étranges : une Alice au pays des
merveilles montée sur échasses, une Liloo qui fait du pole dance (oui oui, celle du 5ieme élément, Liloo Dallas Moultipass, c'est bien elle). Je regarde les yeux médusés des spectateurs qui ne
comprennent pas l'allusion au film et qui se demande quel est cet OVNI. Au bout d'un quart d'heure elle avait tout de même fini par commencer à défaire une bandelette de son costume.
Entrevoir un bout de téton se mérite.
Le summum du ridicule : le show d'un strip-teaser/chippendale. Une volontaire monte sur la scène, s'installe sur une chaise et attends
toute moite que le bellâtre fasse son apparition La musique démarre, du Rammstein, bigre ! Ca envoie les watt ! Le mec débarque déguisé en ... Predator.
NDLR : Afin qu'il n'y ai pas de confusion possible, je parle bien de la créature extra-terrestre qui dézingue Blain, Dillon, Billy,
Mac, Hawkins, Mac et ses copains. (Je suis fan inconditionnel)
Je me pince, je suis en train d'assister d'un oeil à un soit disant spectacle de strip-tease masculin avec un énergumène costumé
en bestiole de l'espace, un pistolet laser sur l'épaule et des cranes humains en guise de trophées autour de la taille. A présent je n'oserai plus me moquer des Hentai. Mouais ! Le
ridicule ne tue pas. Cela dit le costume de Predator était plutôt raccord avec la jeune femme venue se précipiter sur scène. Faut dire qu'elle avait un peu une tête ... d'alien. Toi t'as pas une
tête de porte-bonheur !
Je passe sur les interminables arrêts aux stands pour examiner des strings made in China. J'avais envie de lui dire que jamais de la
vie elle rentrera là dedans et qu'il est inutile de pousser dans ses derniers retranchements l'élasticité du produit. Je me suis abstenu, je grommèle en me mettant la main devant la bouche.
N'écoutant que son QI de poule, elle en prends trois. Bah oui par trois c'est moins cher.
Le salon va fermer. Ouf ! Sauvé, foutons le camp. Ah non elle va encore aux commodités. C'est long, très long, interminable. Mais
bordel qu'est-ce que tu fous aux chiottes ? On frôle le manque de savoir vivre. Je réalise que si j'avais un smartphone je pourrais au moins tuer un peu le temps plutôt que de faire le pied de
grue à attendre que princesse fasse son entrée.
Cette escapade en pays lorrain (spéciale kasdédi à Franky) a tout de même permis de pimenter ce samedi soir qui s'annonçait
plat comme une limande.
A la recherche d'un bar sympa et surtout encore ouvert à l'orée des deux heures du mat', nous passons devant la place Saint Jacques,
quasi déserte et balayée par un vent froid. Mes souvenirs estudiantins remontent. Le cinéma qui borde la place, fut durant l'espace d'un an un point de chute où j'ai usé les fauteuils
déjà bien usés. Dire qu'une place coûtait 25 francs il y a une douzaine d'année.
Ca caille, y rien d'ouvert, les rares personnes que nous croisons dans le centre sont soit bourrées soit peu recommandables, voire les
deux. On n'insiste pas. Petit pincement au cœur lorsque l'on passe devant l'irish pub, lieu que j'affectionnais tant naguère. Ah la bière, les fléchettes, la musique …
Le trajet retour est interminable car ma conductrice au bout du rouleau se sent obligée de s'arrêter à chaque aire de repos pour
s'envoyer un café. J'ai beau lui dire que l'effet de la caféine n'est pas immédiat et qu'on risque d'être arrivé avant qu'elle n’en ressente les agissements. Elle ne m'écoute pas. On s'arrête. Je
reste dans la voiture afin de bien lui faire comprendre qu'il serait bien urbain de sa part qu'elle se secoue les puces. Parle à ma main. J'hallucine quand je la vois ressortir à 3h passée avec
un tableau à colorier sous le bras. C'est bien ma grande de te soucier de tes mioches mais bordel pas à cette heure ci. De plus il faut vraiment être bien sotte pour acheter quoi que se soit sur
une aire de repos alors que les prix sont délirants. D'autant plus qu'elle se plaignait d'avoir quelques difficultés financières. Je ne pige pas tout. En cours de route elle finira par
m'avouer qu'elle fait des apnées du sommeil et qu'il lui arrive de fermer les yeux de manière inconsciente durant quelques fractions de secondes. Oh bordel ! On va mourir. Du coup je regarde sans
cesse la route et vérifie que la voiture ne dévie pas d'un poil. Je suis prêt à redresser le volant au moindre écart bien qu’aillant une furieuse envie de filer sous les plumes.
J'ai tout de même posé quelques questions à pupute sur ses sorties en club libertin. En bon hypochondriaque je lui ai demandé si elle
n'avait pas peur de choper une quelconque cochonnerie. En gros elle m'a dit qu'elle se protégeait (encore heureux Simone) et qu'elle ne couchait que peu avec d'autres partenaires (super utile
alors d'aller en club, autant rester chez soi devant une bonne VHS de Derrick). Je déchante devant le portrait qu'elle me dépeint. J'avais en tête la vision classe et select de Kubrick dans Eyes
wide shut.
Roule voiture roule. On touche au but, la terre promise se rapproche. Hé bah non, à 5 km de l'arrivée, alors que c'etatit quasi gagné,
elle décide de se faire un dernier p'tit plaisir : xieme pause pipi. Si jamais on me propose une pige pour rédiger le Gault & Millau des stations service et aires de repos de
l'A4, je réponds de suite présent ! La calvaire s'achève, elle va me libérer, je vais pouvoir aller enfin pioncer. Oui mais non, pour que la fête soit plus folle faisons encore un crochet
dans un hypermarché afin d'y faire le plein. Syndicats et grévistes je vous aime. Les pompes sont à sec, la pénurie a du bon.
Je pourrais faire un bouquin tant la profusion d'évènements pitoyables était légion. Je vais en rester là, c'est bien plus sage.
D'autres anecdotes cocasses sur mon numéro Allopass.